Nicolas Hulot "chemine" et rejoint le camp anti-nucléaire

Publié le par arnaudmilitantassociatif

Opportunisme politique ou évolution sincère de ses convictions, le revirement de Nicolas Hulot sur le nucléaire a au moins l'intérêt d'agiter le camp de l'écologie politique. Longtemps partisan du nucléaire, l'ancien animateur d'Ushuaïa n'avait même pas mentionné cette thématique dans sa déclaration de candidature. Aujourd'hui, il affirme sans détour qu'il est urgent de sortir du nucléaire.

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À la base de ce revirement, Nicolas Hulot affirme que la catastrophe de Fukuyama a achevé de le "convaincre que le nucléaire ne peut plus être la réponse à l'avenir énergétique de la planète". Nicolas Hulot était d'ailleurs présent à Strasbourg lundi 25 avril à l'occasion d'une manifestation demandant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et commémorant25e5ème anniversaire de l'explosion de Tchernobyl.

Eva Joly, sa rivale d'Europe Écologie - Les Verts (EELV) lui a souvent reproché de soutenir le nucléaire. En lui coupant l'herbe sous le pied, Nicolas Hulot s'aligne sur l'un des axes idéologiques fondateurs de EELV. C'est en invoquant le pragmatisme que Nicolas Hulot a justifié sa nouvelle conviction. "Je chemine. Je ne suis pas un dogmatique" Un argument qui ne convainc pas Stéphane Lhomme, candidat aux primaires EELV et président de l'Observatoire du nucléaire, pour qui Nicolas Hulot "se réveille un peu trop tard".

Mais invoquer l'argument Fukuyama pour expliquer la rapide évolution de sa position sur le nucléaire apparaît un peu faible. Évidemment, le Japon a connu une catastrophe. Mais celle-ci n'est pas nucléaire. Ce sont ses répercussions qui le sont. Dans un pays comme le Japon, constamment menacé par des tremblements de terre ou des tsunamis, remettre en cause la pertinence du nucléaire est en effet légitime. Ce qui n'est absolument pas le cas d'un pays comme la France, où les conditions géologiques et climatiques sont infiniment moins problématiques et où la sécurité des centrales nucléaires est reconnue.

Invoquer Fukuyama alors même que se tiennent les commémorations du 25e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl est donc un bon moyen de mobiliser autour de sa personne les militants écologistes, très majoritairement opposés à l'atome. On notera cependant que Nicolas Hulot ne s'embête pas trop de contre-proposition. Supprimer le nucléaire, mais par quoi ?

La facture énergétique des Français est de 40% moins cher que dans le reste de l'Europe, un avantage qui s'explique par la production d'énergie nucléaire. Se doter d'un parc éolien conséquent reviendrait à planter sur le territoire français pas moins de 100 000 éoliennes, ce qui n'est pas envisageable. Le charbon n'est évidemment pas l'alternative. L'Allemagne en paie actuellement le prix avec une pollution atmosphérique et des émissions inquiétantes de CO2. Et le territoire français n'est pas suffisamment grand pour se tourner vers l'énergie hydraulique sans qu'il ne faille détruire plusieurs vallées montagneuses.

Ces contradictions, Nicolas Hulot devra les corriger sans quoi sa nouvelle conviction  antinucléaire ne résistera pas longtemps.

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